Je crie comme je panse

Chroniques clownesques d’une city aventurière

22 novembre 2006

Chapter 11: Millenium Stadium baby !

Money :                   I don’t care DSC00990

Job Opportunities :    Ah si seulement… en 2007 !

Housewife level :       House quoi ?

English level :           Two pints of Brains, please !

Body-Building level :   Regarder du sport ça compte ?

Tourisme level :        Le sport c’est aussi de la culture !

BZ’s guests :            17,5

Fermeture du B&B :  4 months

Love :                    Love won't hurt anymore
                             It's an open smile on a friendly shore
                            
It's love...
                             It's love...
                             It's love...
                             It's the Love Boat

     

 

          

                                                WalesVcanadat_884 Cela faisait un an que l’on attendait ce moment. On allait même renoncer : Trop cher, trop plein, trop typé… Et puis finalement, un jour j’ai reçu une alerte sur ma boite email et le rêve est devenu réalité : nous allions enfin pouvoir voir un match de rugby au Millenium Stadium de Cardiff. On savait à l’avance que ce ne serait pas un match d’envergure. Effectivement quand on voit sur l’affiche Wales V Canada on ne s’attend pas un suspens intense. Peu importe, nous allons au Millenium Stadium Baby !

 « I'm so excited, I just can't hide it, I know, I know, I know, I want to. »


                                    

                Ça ne commençait pourtant pas très bien. On était à juste deux feux rouge de la gare quand une tempête de grêle nous est tombée dessus à peine 15 minutes après ma première douche. Pourtant bien équipé, tous nos ustensiles imperméables nous ont été complètement inutiles. Trempés dans le hall d’une gare avant neuf du matin sans pantalon de rechange dans le sac je m’attendais déjà à voir, s’inscrire delay à chaque ligne du panneau d’affichage. Mais non, nous étions peut être tout mouillés mais nous serons à l’heure, ou presque… C’était sans compter sur la barre métallique qui a attaquée mon cher et tendre.  Ça c’est passé juste avant descendre du train pour notre premier changement. Et voilà, j’ai un jeans comme une serpillière et un cher et tendre sonné pissant le sang de l’oreille droite ! D’accord j’en rajoute, il ne pissait pas le sang mais il saignait vraiment. La barre dans son attaque insidieuse lui a fait une belle entaille. Sur le coup je suis devenue moi aussi blême. Je ne voyais pas très bien si c’était profond, et je ne suis pas sure que je voulais vraiment le savoir. Bon un petit pansement, un petit bisous et on repart ! J’ai fais semblant de dire que ce n’est rien car j’ai vraiment les boules qu’il me claque dans les doigts avant d’avoir l’occasion de tester les urgences « Welchoises ». A force de regarder des séries médicales comme « Dr House » ou plus funestes comme « Dead like me » ou «Six feet under » et ben j’ai l’impression que je deviens un peu plus parano. Ça commence toujours comme ça, la personne pète la forme et tout d’un coup paf plus personne. Ça fout la trouille quand même ! Bref, je suspends le suspense tout de suite. Mon cher et tendre va bien et dés le lendemain il avait commencé à cicatriser. Nous n’aurons donc pas de scène dramatique de moi en pleure essayant de comprendre un médecin et son Gallois.

 C’était illusoire de penser que j’allais sécher dans le train. Heureusement, en arrivant au Bed & Breakfast notre chambre (avec vue sur le Millenium Stadium baby !) était prête et nous avons pu essayer de rendre nos vêtements moins humides. Je suis contente car la chambre est vraiment impeccable. J’ai vraiment mieux fait les choses qu’à Cambridge. Petite parenthèse : Cambrigde était notre premier week-end en amoureux en b&b et je me suis trompée. Mea culpa. En effet, j’ai réservé une twin au lieu d’une double. Peu importe me direz-vous. Il est courant dans les hôtels que les chambres double soit juste deux lit jumeaux rapprochés pour n’en former qu’un (c’est beau !). En parlant de notre hôtel, le routard précisait : « chambres décorés comme des cabines de bateaux ». Qui dit cabine de bateau, dit lits superposés. Donc pour notre week-end en amoureux nous avons fait lit à part ! A noter cependant que les lits était confortables, que la couette était douce et que nous n’avons pas mal dormie. Ça ne rassure pas vraiment  ! Bref, il pleuvait déjà à Cambridge et il continue de pleuvoir à Cardiff (on est en Grande- Bretagne en même temps). Donc quand il pleut, on va au musée. Blague à part le musée est vachement bien, on en a même oublié qu’on avait un kick off à 7.30pm et qu’on allait certainement se les geler.

Ça y ait nous y sommes, nous sommes à l’intérieur du Millinium Stadium. Nous faisons notre passage obligé au bar avant d’aller découvrir nos places et là, on nous refait le coup ! La nana demande à mon cher et tendre son âge, pour être sûr qu’il a bien en âge d’acheter des bières ! Il a répondu thirty one, la nana a ouvert de grands yeux et ses copines se sont bien marrer. Elle a refusé de voir sa pièce d’identité de peur d’avoir l’air encore plus ridicule. Donc conseil avisé, si vous avez moins de dix-huit ans et que vous vouliez acheter des bières dites carrément que vous en avez dix de plus, ça risque de marcher ! Ça reste flatteur mais ça devient un peu ridicule ! Moi on me la fait qu’une fois au supermarché !

 
        joueursAnyway, nos pintes à la main, nous entrons nonchalamment dans l’enceinte du stade. Et là, Millenium stadium baby, ça l’a fait carrément. Ça devait être l’excitation mais à ce moment précis on n’avait pas froid du tout. On en fait tout un monde, mais même tout en haut, tu vois très bien la pelouse, qui finalement n’est pas si grande mais ne te paraît pas petite. C’est la première fois que j’entrais dans un stade à titre personnel et être simple spectatrice c’est géant. L’idée de crier, d’hurler, d’encourager et finalement se lever au moment de l’essai en même temps que 74022 personnes, ça me fait frissonner. Si l’émotion était là, techniquement c’était un peu le foutoir, je m’explique. Le Pays de Galles a comme couleur de jeu le rouge, le Canada aussi. La canada étant l’équipe invitée, elle avait droit de garder ses couleurs, donc les Gallois que j’ai pour habitude de voir jouer en rouge, jouait en gris, d’où un petit problème de concentration au début. Mais, les supporters Gallois, venue en masse et qui eux n’ont pas trente-six maillots, était en rouge. Du coup, le stade était complètement rouge, pas facile de distinguer les deux ou trois canadiens qui auraient osés se montrer !

 
            A la télé on a l’impression qu’un match c’est super long alors qu’en live ça passe à la vitesse éclaire. Quant Stadium60404879_fd5577d5bf_mà la mi-temps de dix minutes, je n’en parle même pas ou si ! Un conseil avisé : durant le mi-temps, ne quitte pas ton banc ! Penser que parce que l’on est dans le lieu sportif rempli de brute espèce buvant de la Brains rendra l’accès aux toilettes dame moins épique est un leurre. Le premier challenge étant d’atteindre les toilettes dames. C’est seulement après que l’on peut se rendre compte de la file d’attente de trois cent miles. A noter que du côté des toilettes Messieurs, la file d’attente est aussi longue, c’est le double effet bière ! Je n’ai pas réussi à faire mes besoins, j’ai juste réussi à avoir une crise de claustrophobie. A posteriori, imaginer 74022 personnes voulant simultanément et par ordre de préférence faire un petit arrêt aux cabinets et ensuite acheter une autre bière me tétanise de nouveau. Je balise encore plus à l’idée d’une alerte incendie ou tout simplement si deux avions, qui part le plus grand des hasards, se fracasserait contre ce lieu ne comportant que 74022 buveurs des bières. Anyway, fin du conseil avisé : attends le début de la deuxième mi-temps pour te rendre au toilette, car l’aller-retour plus l’arrêt obligatoire se réduit à 1 minutes 30 top chrono. De plus, il ne se passe jamais rien au début !

 

             La deuxième mi-temps commence et les canadiens qui n’ont encore marqué aucun essai sont à présent de notre côté. Ça risque d’être moins fun, donc pour que ça devienne rigolo je me met à soutenir les canadiens et à hurlerenfantsimages dés qu’ils perdent la balle. Les deux petits Gallois devant mois n’y comprenaient plus rien et se retournaient en me faisant de gros yeux. Moi, c’est simple je soutiens l’équipe qui a la ligne d’essai de mon côté. Et comme les canadiens sont de parfait gentlemen, ils avaient juste attendu d’être du MON côté pour tenter des points ! Et nous voilà devant une jolie cocotte qui avance, qui avance, mais mon esprit était ailleurs. Mes voisins étaint juste entrain de lancer et de faire prendre une ola. Petit à petit elle gagnait du terrain, elle allait un peu plus loin, faisait un quart de stade, puis un demi, un tour complet et enfin les trois estrades simultanément ! J’étais fascinée. Mon cher et tendre me faisait du coude pour que je regarde les canadiens qui sont à la limite de la pression de haut en bas de l’autre côté de la ligne et moi je lui faisait du coude pour qu’il regarde cette fantastique ola qui est était partie de notre rangée !

          Contre toute attente les « Welchois » ont gagné. Dernière attraction à voir avant de s’en aller : les mecs complètement bourrés du rez de chaussé qui se jettent de l’autre côté de la barrière dans un élan de désespoir ou de stupidité ! Ça a un côté amusant de les voir se vautrés sur le sol avant d’être empoigné par deux mecs costauds en orange fluo.

 Il a continué à pleuvoir pendant tout le week-end mais peu importe ! On aimait déjà bien le rugby sur le canapé, on appréciait pas mal l’ambiance pub mais là je crois que l’on est complètement mordu. On se dit que la victoire de la France au tournoi des 6 nations ça l’aurait pas mal fait, aurait-il encore fallu pouvoir acheter des billets !  Anyway, on est acccro et l’on va définitivement essayé d’y refaire un petit tour avant de quitter d’île (tentante mais pas trop) !

            Ça tombe bien aujourd’hui à 12.00pm des billets seront remis en vente pour la rencontre Wales – All blacks (ceux qui ont mis deux raclés aux bleues) ! Mais 12.00pm  est-ce noon or midnight ? Ah, bonne question. Je vis depuis plus d’un an ici et je ne le sais pas. Vous non plus je suppose ! Et bien je vous rassure les anglais non plus ! On a posé la question à nos collègues de boulots respectifs, ça a beaucoup discuté mais aucune réponse tangible en ai sortie. Pourquoi ? Et bien parce que c’est une hérésie ! On dit 12 noon et seulement après 12.01pm. Comme on dit 12 midnight et seulement après 12.01am. D’ailleurs, sur le site, ils viennent de changer pour 12 noon. Encore un mystère de la vie résolu, mais pas de tickets pour le match. Les billets, à la base trop chers (les nôtres étaient à £10 moins cher que le théâtre), n’ont été en vente que 15 secondes. Quand je vous disais que ce n’était pas facile !

 Je n’ai qu’une chose à ajouter :

wales Wales WAles WALes WALEs WALES WALES

 

http://www.millenniumstadium.com/197_9199.php

http://www.a1tourism.com/uk/anchorage.html

http://www.nationalrail.co.uk/planmyjourney.html

http://www.museumwales.ac.uk/en/home/

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13 novembre 2006

Chapter 10 : Friend or not friend (ou erreur de timing)

Money :                           Up and Down

Job Opportunities :            Up, j’ai formée quelqu’un, moi and my poor english !

Housewife level :               Down, so boring

English level :                   Up, 4 & the better THE of the class !

Body-Building level :           Down, respire plus que je me muscle !

Tourisme level :                Up, Millenium stadium soon, whaouuuu

BZ’s guests :                    17,5

Fermeture du B&B :          4 month and a half

                                     Reste ouvert pendant les fêtes pour ceux qui n’ont ni famille, ni amis
 
 
Love :                             Up, up, up, up, up, up, up, up, up, up, up, up….
 

 

rd/friend 
noun

1. a person attached to another by feelings of affection or personal regard.

2. a person who gives assistance; patron; supporter: friends of the Boston Symphony.

3. a person who is on good terms with another; a person who is not hostile: Who goes there? Friend or foe?

4. a member of the same nation, party, etc.

5. (initial capital letter) a member of the Religious Society of Friends; a Quaker.

Synonyms 1. comrade, chum, crony, confidant. See acquaintance. 2. backer, advocate. 4. ally, associate, confrere, compatriot.

 

 

 A mon amie Kylie…

muppet_show___kylie_minogue___kermit_the_frog___especially_for_you

  

        Récemment, je me suis fait la réflexion suivante : je gravite autour de beaucoup de monde et de groupe différent, mais finalement aucune amitié réelle n’en émerge. Puis, il y a eu cette fête. Une french girl, collègue de bus de mon cher et tendre, nous a invité pour la deuxième fois consécutive à une party. L’année dernière cette fête avait un petit côté excitant parce que c’était la première fois qu’on sociabilisait à Oxford. Cette année le thème « chic & choc » imposait de la créativité vestimentaire ce qui, de sûr, nous rapproche du genre des soirées impersonnelles totalement foireuses. Ce fût le cas. Je me suis retrouvée assise sur le canapé à regarder tous ces gens, costumée pour la plupart, qui ne se connaissent pas forcément et que je ne connais pas d’ailleurs, à danser frénétiquement sur de la musique pas du tout émotionnelle. Alors, je me suis mis à penser (ça m’arrive) et je me suis demandé : « est-ce ça faire la fête, est-ceci être heureux ? ». Une autre question est venue « Pourquoi ne suis-je pas encore capable de me mentir suffisamment pour participer allégrement et apprécier à sa juste valeur ce type de soirée ? » et encore une autre (pas du tout dû à l’alcool) : « Passerais-je complètement à côté du bonheur humain ?». Mon cher et tendre est venu s’asseoir à côté de moi et ma réponse a été : non, il est là mon bonheur humain. Nous sommes partis.


dresssense13Fort de cette expérience et en ayant ras le bonbon des soirées où l’on rencontre que une ou deux personnes sympas (nombre complètement insuffisant par rapport à la quantité des gens présents !). J’ai décidé de faire quelques choses à la maison avec uniquement les gens sympas que l’on connaît à Oxford. Pour nous qui sommes un peu des ours, il nous a fallu beaucoup de courage pour lancer l’invitation. Et nous voilà partis pour une soirée sous le thème de « saucisson, vin&fromage ». Résultat des courses, pure coïncidence ou signe du destin, nos chers invités n’étaient, pour la majorité, pas disponible. C’est officiel, nous n’avons pas d’amis ! Seul le couple de Roumain répondait officiellement. Cependant, outre le fait que ni l’un, ni l’autre ne boive d’alcool, elle, très sympathique au demeurant, et le genre de personne chiante à recevoir. Qu’est-ce que j’entends par chiante ? Elle ne mange pas, tout ce qui est laitage, beurre, fromage, ne mange pas de viande à par le poulet et rejette pleins d’autres trucs que pour la peine j’ai oublié ! Pour le thème de notre soirée ça augurait plutôt mal ! Upset, nous avons annulée la soirée et la place j’ai « travaillée ». C’est seulement après l’annonce de l’annulation que nous avons eue des messages de sympathie et de désappointement. Serions-nous passé à côté d’une réunion d’amis potentiels pour une erreur de timing ! A présent on nous réclame du saucisson mais j’ai bien peur que l’envie ne soit complètement morte dans l’œuf et que cette soirée ne verra jamais le jour… ou la nuit !

  Le dictionnaire donne bien la définition du mot ami mais en aucun cas ne fourni la mode d’emploi. Je pense que c’est un peu comme pour toute rencontre. Il y a une question de feeling, mais aussi de fréquence et d’intensité. Au théâtre il m’a fallu près de dix mois pour rendre les relations plus simples. En effet, en venant que deux fois par semaine avec en plus mon esprit remplie d’analyses cinématographiques et n’étant pas assez fluent pour participer allègrement au conversation de couloir, je me sentais plutôt invisible. Je n’étais que de passage finalement, le concept valait pour eux, comme pour moi. Après l’été, beaucoup de « ushers » sont partis et nous nous sommes retrouvés plus que deux pour couvrir toutes les représentations de la semaine. Du coup, j’ai passé la moitié de mon temps dans ce théâtre, ce qui m’a rendu plus proche des permanents. A présent beaucoup de choses ont changées. Premièrement l’ambiance est plus légère, je fais même de l’humour en anglais (ça c’est le niveau 4+). Deuxièmement, j’ai vraiment l’impression de faire partie de l’équipe, je connais beaucoup plus de gens maintenant et surtout beaucoup plus de gens me connaisse. Tout cela reste cependant superficiel

Au club de gym je croise souvent les mêmes personnes dans certains cours. Certaines ont même l’air sympathique. Mais à vrai dire dans ce genre d’endroit il n’y a pas la place pour aller plus loin qu’un sourire aimable. Ça peut toutefois amener des situations rigolotes ! Il y’a une nana qui suit le même cours de Pilates que moi. Elle travaille dans une boutique d’herboristerie (ça reste très cohérent !). Un jour avec mon cher et tendre, à la recherche de Tarragon, nous sommes entré dans la boutique, et elle nous a accueilli très gentiment avec un large sourire. Je ne lui avais jamais parlé avant et pourtant il y a eu comme de la connivence. Oxford est en fait tout petit, je me rends compte que je côtoie énormément de monde, parfois je croise des gens dans la rue que je connais de vue mais je ne sais pas forcément d’où ! C’est ainsi, que lors d’une soirée j’ai bloqué sur une fille sans savais d’où je la connaissais ! Au final du club de gym, effectivement ce n’est pas toujours évident de faire la relation entre une personne et un jogging flottant !

          J’ai commencé à me familiariser avec ma classe d’anglais, j’ai arrêté de les appeler les autres et je les trouve même attachants. Cependant il y a beaucoup de brésiliennes, ce qui apparemment n’est pas pour déplaire à la gente masculine, mais ça créer une communauté à part. Mais je ne vais pas pour autant devenir copine avec la française, même si elle est originaire de Toulouse, qui vient d’arriver. J’étais tranquille pernard au milieu de mes sud américaines et mes petits chinois et voilà qu’elle vient foutre en l’air ma suprématie ! Même si avec elle la communication semble plus facile qu’avec les autres, qui parlent aussi bien anglais que moi, ce qui limite un peu les échanges, ben je n’ai pas envie de sympathiser. Je ne sens pas de feeling, j’aurais d’ailleurs plus envie d’aller boire un verre avec mes profs ! Je crois qu’une fois par semaine l’école organise une soirée dans un pub, si je décide d’être moins sauvage peut être que j’irais y faire un tour. Anyway, faute d’amis, il faut bien choisir son partner ou ses partners. J’entends par partner, la personne assise à côté de soi en classe et avec qui tu vas devoir travailler en paire ou en groupe. Un jour, comme exercice, j’ai dû relater une histoire qu’un de mes class mate m’avez racontée au préalable. Pendant cet échange je me suis demandé quelle langue j’étais entrain d’apprendre ! J’ai rien compris et du coup j’étais bien en peine de retranscrire l’histoire devant la classe. En général, tu te fais avoir une fois, mais pas deux ! 

            Ceci n’est néanmoins pas uniquement valable pour les cours de langue. Il y a un mois environ j’ai débuté un nouveau cours intitulé « Shakespeare Our Contemporary  à l’université d’oxford». Bossant pas mal au théâtre et n’ayant donc plus beaucoup de soirée peinarde, à juste me contempler sur mon canapé, je n’étais plus très chaude pour des cours du soir. Sortir dans le noir et le froid pour juste deux heures de culture en anglais me donnait des frissons. C’est pourquoi j’ai choisi celui-là qui a lieu le jeudi matin. Et forcément en arrivant ce qui était à prévoir arriva : il n’y avait que des vieux. Ce n’est ni moderne, ni contemporain ! A ce moment j’ai vraiment commencé à m’inquiéter pour ma santé mentale au milieu de cet environnement vieillissant. Oui, je sais c’est bien de côtoyer des gens d’âge mûr mais y’a des limites. Honnêtement entre le public et les volontaires retraités du théâtre, plus les mamies du Yoga et du Pilates mon quota commence à être full. Bon, je m’assoie et je me dis never mind, Shakespeare est plus tout jeune non plus, et c’est là qu’elle est arrivée. Le fait est que l’on peut choisir son partner que dans une certaine mesure, si on arrive trop tôt, on ne peut pas choisir la personne qui vous choisit. En un regard, une inspiration et trois phrases j’ai su que j’étais dans la mouize. Annie a les yeux rouges, Annie sens le Gin, Annie m’a demandé mon prénom, m’a donné le sien et a ajouté qu’elle venait d’enterrer son frère et sa mère mais qu’elle ne voulait pas en parler. Ensuite le cours a commencé. Dans un travail très simple de fraternisation, Professeur Nick, nous a demandé de nous présenter à notre plus proche partner et ensuite de le présenter au groupe. Je jette un coup d’œil vite fait, oui j’ai un autre partner à ma gauche que je suis impatience de découvrir. Je fais un calcul vite fait, non c’est ma partner de droite Annie que je dois continuer à découvrir. Et c’est partie mon kiki, Annie est à Oxford parce que ça fille vit ici mais elle ne vit pas chez ça fille car elle ne veut, mais elle ne veut pas en parler. Une fois que Annie sait que j’ai été Assistante de production, Annie me dit qu’elle était elle aussi Assistante de production pour la BBC. Elle travaillait d’ailleurs pour le département musique et culture, mais n’a jamais vu une pièce de Shakespeare ! Annie serait-elle alcoolique, dépressive et mythomane ? Tout va bien Annie fait de la calligraphie, c’est son hobby. Annie fini par dire qu’elle a fait le tour de ce qu’elle voulait me dire et qu’elle ne veut pas ajouter qu’elle vient de perdre son frère et sa mère parce qu’elle ne veut pas en parler. Ça tombe bien, moi non plus ! 

        normal_146     Ça démarre plutôt mal mais je ne suis pas seul, j’ai déjà un copain dans la salle : Tonio. J’ai rencontré Tonio l’année dernière dans un autre cours. Il est jeune retraité de la BBC (pour de vrai) et m’a gentiment traduit (du français à l’anglais) tout mes essais. C’est mon pote ! Dans cette intéressante présentation j’ai enfin pu avoir une estimation de son âge. Portugais d’origine, il est arrivé en Uk en 1974 lorsqu’il avait 24 ans. Jésus christ ! Il y a un vrai gap entre nous, mais je sais que Tonio va prouver que l’amitié entre un homme et une femme beaucoup plus jeune, peut exister sans aucun sous entendu. J’y ai cru une fois, j’ai perdu. J’avais vingt et j’étais juste un petit peu naïve. Tout le monde se souvient aussi de Ken, que je n’ai jamais revu d’ailleurs. Deux semaines après le premier cours, j’ai reçu un mail de Tonio qui me disait qu’il devait partir au Portugal prendre soin de sa pauvre mère qui vient de se péter le col du fémur et de son père atteint d’Alzheimer. J’aime les histoires joyeuse et me voilà dans une autre valise en carton. Mais c’est mon pote alors je lui revois un message de soutient sympathique. Il me répond, qu’il ne sait pas s’il pourra avoir internet là-bas ce qui le chagrine parce qu’il est juste « terrorisé ». En effet il a divorcé et été mis à la retraire la même année (last year), qu’ici il est traité pour dépression et qu’il ne sait pas comment il va pouvoir être suivi là-bas. Jésus christ ! Mais pourquoi j’attire les vieux dépressifs ! Ce n’est vraiment pas bon pour moi qui suis une « hypocondepressive chronique de l’hiver et des jours de pluie ». C’est officiel, je n’ai pas d’ami. Un chien c’est bien aussi non, ne dit-on pas que c’est le meilleur ami de l’homme !

 
           Je n’ai pas peut être pas d’ami mais j’ai un cher et tendre, n’est-ce pas le plus important ? C’est vrai que l’on vit un peu dans notre bulle. Même si on a chacun un univers social propre, pour les loisirs on s’auto suffit largement. Nous sommes notre meilleur compagnon, alors pourquoi aller chercher ailleurs ce que l’on a déjà ? Peut-être parce que la compagnie d’un cher et tendre à ses limites. Premièrement, parce qu’il est toujours bon d’avoir une oreille pas du tout objectif (qui ne soit pas votre mère) pour vous entendre vous plaindre de votre cher et tendre qui a encore oublié de sortir le chien (adopté parce qu’on a pas d’amis). Deuxièmement parce qu’un cher et tendre est, par expérience, pas du tout la meilleure personne requise pour vous aider à faire votre nouvelle coloration capillaire. Première raison simple est que ça gâche le mystère de votre beauté et les efforts requis pour être une femme resplendissante chaque jour. La deuxième raison est que le cher et tendre s’avère complètement useless quant au devenir de vos cheveux, pire stressant ! C’est impressionnant comment un scientifique peut se trouver complètement désarmer devant une notice, pourtant écrite pour une adolescente de 15 ans ! 

 Bon ben je n’ai toujours pas d’ami et un cher et tendre qui ne sera jamais coiffeur. J’avoue que le dernier point me soulage. S’il s’était avéré, dans un excès de stéréotype, très intéressé et très doué avec mes cheveux j’aurais peut-être commencé à m’inquiéter. En définitive, serait-ce pour cela que nous faisons des enfants. Pour avoir des amis à pleins temps ! Un garçon pour le sport et une fille pour les teintures maison. C’est obviously une très mauvaise raison, impossible d’avoir un échange de confidences. Les enfants ne seront toujours que les enfants et les parents que des parents, merci de faire passer le message à ma génitrice dont je garderais l’identité secrète. Où alors peut être que nous faisons des enfants pour avoir des amis qui ont eux-mêmes déjà des enfants puisque qu’en ayant des enfants ils ont perdus leurs amis célibataires qui eux même on perdu leur amis en couple. Un aspro s’il vous plaît. Moi, je dis juste cessons la sectorisation et sentons nous libre de vivre en parfait harmonie loin des conventions sociales ! 

        Anyway, finalement se faire des amis n’est pas chose facile, surtout dans un pays étranger. C’est un peu comme les relations amoureuses finalement. Quand on a été déçu une fois, ensuite on se méfie et quand on connaît la vrai amitié on devient plus exigent. On est moins naïf aussi, on se ment moins. C’est définitivement comme l’amour. Je crois que ça ne ce commande pas, ça ne s’attend pas, ça se vit c’est tout. Je pense que pour avoir de vraies attaches ici il nous faudrait encore un peu plus de temps, mais on n’est pas très patient. Du coup, je pense que nous sommes prêt à nous détacher des attaches qui ne nous attachent pas vraiment. En attendant on n’a toujours pas reçu la pétition de Lyon demandant notre retour. Il n’y pas eu non plus un signe pour nous retenir ou nous empêcher de partir ! Y’ en a bien qui on fait péter le toit d’un bus et foutu la merde dans le métro Londonien, c’était juste une semaine trop tard. Et je ne parle même pas de ceux qui, avec un an de délai, ont foutu le bordel à la British Airway en essayant de faire tout péter avec des bombes liquides. Franchement est-ce qu’on a encore l’âge des bombes à eau ! Qu’est-ce qu’on a gagné au final : la panique, encore plus le zouk à l’aéroport. Maintenant c’est officiel et permanent : on a plus droit d’amener de liquide en cabine. De plus ça a donné pleins d’idées puisque aujourd’hui l’agence Reuter annonce qu’il y aurait une trentaine de complots terrorismes en préparation au Royaume-Uni. Et tout ça a cause d’une mauvaise gestion d’agenda, et ben bravo les charlots ! 

            Pour finir ce chapitre je tiens à remercier toutes les personnes (outre nos parents) qui ont eu la charité de venir nous voir dans ce pays lointain, et en particulier ceux (à l’exception de nos parents) qui ont le courage de venir deux fois, même en prétextant des déplacements professionnels. Je tiens aussi à leur présenter à tout my apology. Il est vrai que ne voyant pas beaucoup de monde avec qui avoir une communication simple et conviviale, on s’est peut être un petit peu emporté ! C’est sans doute le côté spontané et enjoué des anglais qui nous gagne petit à petit.

Well, comme dit la prof de Yoga "Don't forget to breath".


 

 

Posté par Turtle_blog à 13:43 - Le journal de Brigitte Jaune - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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