31 mai 2007
Chapter 16: Puisque tu pars…
Money: Sachant que 1 Franc suisses vaut
0,6114 euros soit £0,4141faisant environ 4 francs autant dire 414 anciens francs
ou 3/4 de baguette de pain après l’augmentation du tarif en vigueur
Job
Opportunities: La
France qui se lève tôt ou gagner plus pour glander plus !
Housewife
level: J’aime bien
les plats tout prêt mais le micro-onde est en panne, oups !
English
level: Non, je ne
suis pas bilingue bo »=çkikyèrdel ou f*ck!
Body-Building
level: Habiter au 4eme sans ascenseur vous dispenserait du club de gym, mais ça
se discute !
Tourism
level: Y’a de bons docu sur les chaînes du câble !
Cultural
level: Y’a de bons docu sur Arte aussi !
Love: Et je cours, je cours, je
cours, I've lost l'amour, l'amour, l'amour
Je suis perdu, here without you, and I’m crazy, seul à Paris (Fatals Picards, Eurovision 2007)
De la philosophie from Leaderprice
Partir loin de chez soi c’est à la
fois s’ouvrir et se fermer. Les voyages forment la jeunesse comme ont dit, mais
ils nous éloignent aussi forcément de nos racines, géographiquement certes,
mais psychologiquement aussi. On évolue, on devient presque adulte et le monde de
notre enfance avec ce qu’il contient finit inévitablement par nous échapper…
Le premier départ
Après nos études, quand nous sommes
partis pour un an et des poussières en Martinique, nos grands-parents
respectifs, pensant que nous partions pour toute notre vie vers une destination
que la SNCF ne désert pas, nous ont joués la grande scène du trois :
« On ne vous reverra jamais de notre vivant, mais si c’est ce que vous
voulez, go ahead !». Ça a un effet bœuf quand on a 20 ans une soif
d’évasion débordante et un seul but parcourir le monde pour découvrir qui nous
sommes vraiment sans acné purulente.
Une
rencontre ratée
Du coup la première rencontre, juste
avant notre départ, entre mon cher et tendre et mon grand-père paternel, veuf
depuis un peu plus d’un an, fût des plus chaleureuse. Mon cher papi a tout
simplement ignoré pendant tout le repas le petit chenapan qui emmenait sa
petite-fifille adorée far far far away. Oups, ça s’appelle la tuile ! J’ai
gardé longtemps une impression de trahison comme si on ne pouvait devenir femme
sans être une mauvaise petite-fille. Ceci dit, j’ai appris y’a pas si longtemps
que pendant qu’il me jouait les pleureuses siciliennes, mon Grand-père posait
en secret une petite annonce dans le journal local pour trouver « une dame
de compagnie » !
Il
faut repartir...
Quant il a été question de partir
pour Oxford, soit 6075 kilomètres moins loin que les Antilles Françaises, ça a
été de nouveau l’occasion de nous faire de la tragédie grecque, mais en plus
soft sans doute parce que ce pays lointain est accessible par le train. Sous la
manche certes, mais c’est un train ! God save the Queen, car ainsi nous nous
avons évité la demande d’internement par un tiers, histoire de nous garder
l’air de rien en France l’air de rien !
s'échappée
Bref, partir c’est aussi le moment de
tester l’efficacité de notre grande administration. Je pars donc pour le chef
lieu du département (à la ville quoi !) pour tout domicilié chez mes
parents (à la campagne, quoi !). Grand-père étant chez sa
« copine » qui habite dans le ville des papiers administratifs si
tout le monde a suivie, c’était aussi l’occasion de lui faire un bisous avant
de partir.
Je commence donc par prendre un
ticket de passage à l’ANPE qui me donne droit à une heure d’attente pour
l’apéritif. C’est pourquoi je vais toujours l’ANPE avec un nouveau bouquin. Histoire
de gagner du temps, je pars à la secu où la seule personne au fait de la
couverture sociale Européenne n’est pas disponible, il va falloir revenir. Je
retourne donc à l’ANPE où cinq chapitre plus tard d’un livre merdique je suis reçu
par un mec dépressif qui aurait pu offrir du Prozac dans une jolie petite
corbeille en osier en guise de bonbons à la menthe. Son discours était
simple : y’a pas de boulot, il ne sert à rien, c’est le bordel, au final
il n’y a rien d’autres à faire que mai 68 en pire, tout va bientôt péter c’est
sur ! Heureusement que je ne cherchais pas vraiment du boulot pour nourrir
ma famille de 5 enfants et ma belle-sœur malade ! En parlant de maladie le
Geek en matière européenne de la CPAM qui j’ai vu juste après ne savait au
final absolument rien ! Cette matinée de fou m’avait donnée plus que
jamais des envies d’échappée belle histoire de voir ce qui ce passe chez nos
voisins !
…et
dire au revoir
C’est donc dans cet état d’esprit
que j’ai retrouvé mon Grand-père. Ce fût un déjeuner des plus ordinaires où
l’on ne parle pas vraiment et où l’on sent bien que l’on est dépassé par le
temps qui passent et les distances qui nous séparent sans savoir vraiment
comment se retrouver. Mais on sait qu’on s’aime, enfin je crois ! Il était
temps de partir et c’est toujours au moment de partir où les langues se délient
un peu, mais juste un peu. Il me sert fort dans ses bras et me fait un bisou
baveux que je lui rends sur une joue râpeuse. C’est sa marque de fabrique, ce
qui fait que je ne les oublie jamais, ses bisous. Il a du mal à me laisser
partir comme toujours, contre son pull je sens ce mélange de transpiration et
de cire d’abeille qui lui est propre. Il finit par lâcher son étreinte en
murmurant « tu es bien gentille, tu es bien gentille… ». Je monte
dans la voiture et le laisse là tout seul au milieu de ce parking de cité HLM.
Il me fait un petit signe de la main, je sais qu’il a les larmes aux yeux, il a
l’air tout petit. Je pars, pas tout à fait libérée de ma mission mais en
imaginant que la prochaine fois on sera plus à l’aise car chez lui, dans son
jardin. Ce serait une belle journée de printemps, mon cher et tendre serait à
mes côtés on réapprendrais à se connaître, à partager nos vies.
Les
cartes postales
Pour être honnête, on ne se voit pas
plus quand on est en France à huit, quatre ou deux heures de voyages mais de
nous savoir sur nos terres rassure nos proches. Nous sommes dans le même monde,
avec le même climat et le même langage. En partant on vit une expérience très
personnelle qu’il est difficile de partager avec des gens qui au final, on vécu
presque toute leur vie au même endroit. On laisse alors tombé les colis pays
remplis de Beans, de marmade ou des derniers tabloïds parlant de l’anorexie de
Victoria Beckman ou des frasques du Prince Harry. On envoi plutôt
des cartes postales espérant to keep in touch.:
On a
tous un petit vieux à soi
Lorsque je travaillais au théâtre
d’Oxford, parmi mes petits vieux du jeudi après-midi, il y avait un régulier,
un vrai de vrai. Il venait chaque semaine, même lorsqu’il s’agissait du show le
plus pourri (comme ceux vu par Ricounet, bless him !). Avant le spectacle,
il m’achetait son programme, à l’entracte une glace à la strawberry. Mais le
jour où je lui ai tendu sa glace avant même qu’il m’annonce sa commande, il a
décidé de changer de parfum ! J’ai trouvé ça très mignon de refuser le
prévisible. Chaque fois que je le voyais, je pensais à mon Grand-père, ils
avaient quelques choses dans le regard de similaire. Il y avait aussi ce couple
Ken & Barbara. Je sais ça fait très Matel© mais ils étaient tout sauf
superficiels. Je prenais beaucoup de plaisir à discuter avec eux après les
représentations. Elle était critique de théâtre, marchait maintenant très mal
mais la tête et l’envie de partager était là. Etrangement, j’ai fini par aimer
ce public grabataire parce que j’avais l’impression de leur donner un peu de chaleur,
un peu de vie. J’imaginais alors le concept où l’on puisque s’échanger nos grands-parents.
Une sorte de grande chaîne, où chaque petit vieux aurait quelqu’un pour
partager ses histoires, son quotidien car la famille n’est pas toujours la
meilleure oreille, le voisin peut être beaucoup plus qualifié. A présent, je
sais que mon grand-père n’était pas seul, la chaîne existe quelque part puisqu’il
a trouvé par le biais de son jardinier et de la famille de sa compagne les bras
et l’attention qu’il avait besoin, dont une petite fille qu’il adorait et qui
le lui rendait bien. C’est toujours plus simple les relations avec les enfants,
beaucoup plus simple.
Et
tout ça pour ça
Il m’appelait sa souris, m’a promené
dans une vieille remorque, ma installé une cabane au fond du jardin, me faisait
des yaourts maisons et les meilleurs escargots du monde, il me faisait souffler
dans sa trompette, applaudissait à mes galas de danse, m’a fourni la lampe
torche que j’utilisais comme micro pour jouer à la star, faisait semblant de me
voler mon nez quand il me prenait sur ses genoux, il a façonner mon monde de petite
fille. Aujourd’hui mon Grand-père nous a quitté, il n’est plus, parti, disparu,
dead, il paraît que c’est la fête des mères et je bloque sur la carte postale
de son dernier voyage…







